Jeffrey A. Bowman, Shifting Landmarks. Property, Proof, and Dispute in Catalonia around the year 1000, Cornell University Press, Ithaca (NY)/Londres, 2004, XV + 279 págs.

Thomas Gergen


 

ABSTRACT: Recoge el autor sus particulares puntos de vista sobre la Cataluña feudal del año 1000, centrándose en crisis sociales, autoridad política, movimientos populares, la Paz de Dios, condados, propiedad de la tierra y vigencia del Liber Iudiciorum.

PALABRAS CLAVE: Jeffrey A. Bowman, Thomas Head, Richard Landes, Chris Wickham, Dominique Barthélemy, Hans-Werner Goetz, Thomas Bisson, Thomas Gergen, Ferran Valls y Taberner, Anscari M. Mundó.

Le présent ouvrage a vu le jour dans le contexte du passage dans le nouveau millénaire (Millenium). L’an 1000 a été largement discuté à tous les niveaux par les médiévistes. On peut rappeler l’atmosphère de fin du monde (chiliasme), la chute de l’autorité et des institutions, les crises sociales et les mouvements populaires de grande ampleur militant pour la paix et pour la restauration de l’ordre carolingienne.

Des historiens tels que Thomas Head, Richard Landes, Chris Wickham, Dominique Barthélemy, Hans-Werner Goetz et moi-même ont pu dégager, dans le contexte d’une analyse plus approfondie de la Pax Dei en France, des idées sur la façon dont était aperçue l’anticipation de la fin des temps au seuil du nouveau millénaire. Tandis que certains ont souligné une véritable crise du système, d’autres ont soutenu un peu plus vigoureusement l’idée que ces crises n’étaient pas beaucoup plus importantes que les précédentes, et que les moyens de maintenir la paix connue jusque-là étaient simplement appliqués plus fréquemment et avec une plus grande intensité . De plus, D. Barthélémy a proposé de relativiser ce moment-charnière, en l’inscrivant dans une période plus étendue (980-1060) dans son ouvrage L’an mil et la paix de Dieu : La France chrétienne et féodale, 980-1060, Paris, 1999. Quand J. Bowman parle du millénaire, il s’aligne à la tendance de ce dernier et applique la thèse du déplacement des frontières (shifting landmarks) et celle des luttes menées en Catalogne autour de l’an 1000 pour la revendication et la reconnaissance de la propriété foncière. Il n’est cependant pas le premier à envisager les changements dans l’histoire de la culture et du droit à partir de l’analyse de la propriété foncière; il a été précédé par Thomas Bisson, Tormented Voices : Power, Crisis, and Humanity in Rural Catalonia (1140-1200), Cambridge [MS]/Londres, 1998 et de Barbara Rosenwein, Negotiating Space: Power Restraint, and Privileges of Immunity in Early Medieval Europe, Ithaca [NY]/Londres, 1999.

L’A. analyse le fonctionnement de la propriété foncière aux Xe – XIe à Narbonne, et comment le système juridique fonctionnait dans le cas de conflits portant sur la propriété des terres. Dans la mesure où, pour la région de Narbonne –principalement les actuels Catalogne et Languedoc-Roussillon–, on trouve suffisamment de sources peuvant être exploitées, le corpus documentaire établi pour son étude s’avère justifié. La province était hors du commun en raison de l’existence des juges professionnels, du régime judicaire mis en œuvre et de la pratique du droit écrit (droit wisigothique), alors qu’en même temps, on avait recours aux ordalies dans la résolution des conflits liés à la coutume.

J. Bowman voit dans le fonctionnement parallèle du droit traditionnel, non-écrit, et du droit écrit (et commenté par les juristes) une preuve majeure des grands changements de la « révolution féodale » autour de l’an mil (Jean Pierre Poly et Éric Bournazel). Concernant le droit, il ne se concentre pas uniquement sur la « violence » de la période du changement du millénaire, mais également à ses commentaires et à la pratique du droit wisigothique, c’est-à-dire le Forum Iudicum ou le Liber Iudiciorum (p. 35), qui était l’un des systèmes judiciaires germaniques les plus romanisés. Le fait que les formules du type si quis sont des preuves accablantes du caractère romain du droit méditerranéen est bien connu des médiévistes depuis les études de Michel Zimmerman, sur lesquelles J. Bowman a pu se fonder pour l’analyse de ses propres sources.

L’érudition des juges, les soi-disant boni homines, est prouvée grâce à l’étude de la façon dont le fameux juge de Barcelone Bonhom (Homo Bonus) menait à bien les procès – son manuscrit, le Liber Iudicum Popularis (déjà largement interprété par Ferran Valls y Taberner et Anscari M. Mundó) est cité également par l’A. Bonhom y reprenait des passages des Sentences et des Étymologies d’Isidore de Séville, un essai sur la géométrie, une liste des rois wisigoths et francs, un calendrier liturgique, ainsi qu’un vaste glossaire, la « pièce de résistance » étant une introduction au droit wisigothique (p. 84). Le travail de Bonhom contient d’utiles informations sur la manière dont le Iudex devait exercer ses fonctions et contribuer à esquisser le portrait du juge au XIe s. La participation de ces boni homines au processus judiciaire tel qu’il est prescrit dans les Leges Visigothorum a joué un rôle important dans la large reconnaissance et l’application des décisions de justice.

Dans l’ensemble, J. Bowman parvient à étayer sa thèse, selon laquelle les modifications des frontières et les permutations des propriétés étaient plus facilement mises en œuvre dans un cadre de droit écrit et de profesionnalisation des juges. En outre, il consacre un impressionnant chapitre aux preuves présentées et aux stratégies mises en oeuvre devant les tribunaux catalans au XIe s. Le travail ici accompli a le mérite d’inscrire cette thèse dans le contexte de la «révolution féodale» et du changement du millénaire. Les nombreuses convenientiae et les conseils de paix du XIe s. ont également permis la conciliation de différends concernant les droits fonciers . Parmi les nombreuses références de J. Bowman sur ce thème, on notera l’ouvrage d’Adam Kosto, Making Agreements in Medieval Catalonia: Power, Order and the Written Word, 1000-1200, Cambridge, 2001. Le lecteur devra également se reporter à l’étude convaincante de Gerd Althoff, Spielregeln der Politik im Mittelalter. Kommunikation in Frieden und Fehde, Darmstadt, 1997, malheureusement trop peu mise à profit par l’A. Les travaux que mène J. Bowman à partir de ces sources sont moins une nouvelle contribution à l’histoire constitutionnelle de l’espace méditerranéen et à la compréhension de la seigneurie au XIe s. qu’une description précise de l’évolution du déroulement des procédures alors que le droit wisigothique alors que se professionnalisait l’institution judiciaire et que se développait l’usage de la présentation de preuves. Ce fut une condition nécessaire pour la reconnaissance et l’exécution des décisions de justice concernant les propriétés et les limites foncières au XIe s., avant la « renaissance » du droit romain de Bologne. Tout historien du droit souhaite d’autres études régionales semblables, portant sur le droit foncier et judiciaire au haut Moyen Âge. [Recibido el 14 de enero de 2011].


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